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24 novembre 2009

Miroir, Paris 18e...miroir aux alouettes?

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Miroir, bon beau Miroir...C'est ainsi que je pensais, ô naïve utopiste, débuter le récit de mes épatantes aventures culinaires parisiennes de ce mardi midi.
Eh oui, à coups d'éloges par-ci, d'avis unanimes par-là, c'est l'esprit mais surtout l'estomac serein et déjà convaincu que je me rendais au 93 de la rue des Martyrs. On m'avait vendu du rêve, j'y avais cru, j'allais être déçue.
Rien de catastrophique du côté de l'assiette, soyons honnêtes. Le filet de canette demandé rosé est servi rosé. Oui bon en même temps, c'est le concept du restaurant, le rôle du chef cuisto, le b-a ba de la bonne bouffe non? Sauf qu'au Miroir, j'y allais pas comme au bistrot du coin, j'attendais plus. Là fut peut-être mon erreur.
Car point de surprise, point d'étonnement gustatif ni guère d'émerveillement papillaire. Les cuissons? bien, mais pas non plus parfaites. Un filet de canette peut aisément être servi rosé, mais rosé, tendre et fondant, c'est plus rare, et là, on n'y était pas. Les goûts? Rien que du très classique, que ce soit pour le paleron de boeuf braisé au vin rouge (autrement dit, boeuf bourguignon. Argh cette foutue manie de tourne-bouler les appellations pour faire mieux alors qu'on fait, point barre), ou la sus-cité canette. J'ai envie de dire " et la sauce bordel?" Ma gentille volaille manquait terriblement d'une lampée de sauce relevée, ou sirupeuse, ou épicée, peu importe à vrai dire tant les variations possibles fourmillent! Mais ce petit jus acqueux là, non, vraiment, non...
Les accompagnements? aie aie aie...quelques carottes et oignons bottes dans la sauce du boeuf. Mais quelques, c'est vraiment peu. D'autant qu'après 20 minutes d'attente, mon co-équipier et moi, on avait plutôt la dalle. Il n'aurait pas été contre trois simplettes pommes de terre à l'eau pour tenir compagnie à son bout de viande. De mon côté, guère mieux. "Légumes de saison" m'annonce la souriante serveuse. Un oeil chez ma voisine de gauche "oh pétard, des girolles, trop cool". J'y vais, encore, les yeux fermés (il va définitivement falloir renoncer à cette facheuse naïveté). Et quelle déception dans l'assiette: va pour les artichauds bien tournés et bien cuits, mais quid de ces poivrons tricolores??? Et où diable sont passés mes champis chéris? Les produits sont frais, certes, mais côté arômes, assaisonnement, harmonie des goûts...niet. En fait, tout cela manque cruellement de ce "petit plus" qui laisse le goût de "reviens-y" nécessaire! Côté quantité, on est toujours juste d'ailleurs. On a torché la corbeille de pain, c'est pour dire.

 

Résumons jusque là pour voir si, personne n'est parfait, nous n'aurions pas omis quelque information capitale. Arrivée, réception, commande. Good job. Trois personnes en salle, pour une quarataine de places assises. Malgré cela, l'attente se fait sentir. Donc le problème est peut-être ailleurs... Dans l'assiette, c'est bon mais ça ne casse pas trois pattes à un canard (ou une canette, bien sûr). Côté déco, ça le fait, j'aime beaucoup. Des tons chauds, du miroir, du zinc, du bois, une baie vitrée, on s'y sent bien. On sent aussi pas mal de bonne volonté, à la lecture de l'ardoise. Enfin, ça parle,ça parle, mais côté actes, on reste sur sa faim.

 

Le dessert va néanmoins sauver mon dèj, et, peut-être, me convaincre de leur laisser une seconde chance (on connait l'adage sur ceux qui ne changent pas d'avis, hein). Figues rôties au porto (on ne sent pas le porto, mais les figues sont tendres et juteuses, malgré la fin de la saison), crème au citron. Enoncé énigmatique qui, autant le dire, me laisse plutôt sceptique au vu de ses prédécesseurs. La claque! Enfin, mes papilles s'affolent, mon ventre se remplit, tout en savourant l'extrême légereté de cette "crème". Je dirais un lemon-curd échappé d'une tarte auquel on aurait intégré sa meringue! Point de crème fouettée plombante ou de trop sucrée crème aux oeufs. Finalement, peu importe le procédé, le résultat est là: l'équilibre et la saveur.
Sous ce nuage se dissimule un petit sablé discret mais croquant, qui trouve sa place aisément entre la figue et le citron. Ouf, cher Miroir, c'était moins une!

 

J. avait opté pour la formule du midi "Plat+ verre de vin + café gourmand" à 18euros. Le café gourmand reste, comme bien souvent, assez décevant: un verre de mousse au chocolat au siphon (qui devient légèrement trop omniprésent à mon goût...) donc "trop légère" selon l'intéressé, je goûte,j 'acquiesce, on préfère celle de Maman quoi. + un financier + un autre ptit gateau du même genre, sans grand intérêt gustatif (ça nous rappelle les mignardises laissées un peu partout avec le café).
Ma formule, plat + dessert à 25 euros, n'est pas un très bon exemple de rapport qualité/prix. Dans le même genre de plats (qui sont finalement de grands classiques !), on peut trouver beaucoup mieux dans le coin (Le Bastringue dans le 19e métro Riquet, Lui L'insolent dans le 18e métro Caulaincourt...autour de 15/20euros).

 

Après tout ça, je me dois malgré tout de revenir sur un point non négligeable: ces critiques découlent de CHOIX, de GOUTS et d'ATTENTES personnels. Rien ne me dit que j'aurais pas été conquise par un autre plat, un autre jour... Mais là est l'une des difficulté du métier de restaurateur: la constance. Et là en est une autre: répondre aux exigences d'un public parfois pointilleux, intraitable, en vérité tout simplement passionné!

Alors, Miroir, mon beau Miroir, dans cette jungle des néo-bistrots parisiens, sauras-tu être le plus beau? Pour l'instant, poudre toi encore le nez, retouche ton rouge à lèvres, car la concurrence est rude...


Miroir

94 rue des Martyr
Paris 18
0146065073
menu déjeuner 18 et 25 euros, diner autour de 30/35 euros

 

Posté par miss_bonbon à 16:55 - 11-Restos & co - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    Idem, ce que j'avais retenu du Miroir, c'était surtout le dessert (un éclair à l'ananas, absolument divin). Mmmm... Question : qui est le chef pâtissier du Miroir ?

    Posté par Louise, 23 janvier 2010 à 00:24

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