14 août 2009
Viens voir Tata Louise ma mignonne !
Sur le quai de la gare, la vieillotte m'attend le rose au joue, pomponnée comme pour son premier bal. Faut dire, je suis sa sortie annuelle, son rendez-vous avec le monde, sa virée extra-ordinaire. Moi je gromelle déjà, sourire narquois en anticipant ses mots, radotés depuis 15 ans déjà, et surement pour 15 encore, avant que je ne lui ponde la relève. Je me mors les joues pour ne pas râler ou me marrer, pour que les siennes valent la peine d'avoir été peinturlurées, pour que ma vieillotte reste ma vieillotte. Elle voudrait que je l'appelle Tata. Ou Tata Louise, si je préfère Louise. Moi je l'appelle pas. Ou la vieillotte, dans ma tête. Parce qu'une tata pour moi ça a plutôt l'age d'une mère, ça y ressemble aussi, mais en plus cool, parce que ça n'a pas eu d'enfants et encore moins de fille alors tu comprends ma puce j'en profite? Si la vieillotte savait que j'appelle Sarah Tata, je crois bien que ses joues vireraient au cramoisie. Elle croit que mon refus lexical est systématique. Laissons la croire, pauvre vieillotte. Faut dire, je voudrais pas lui faire du tort. C'est juste qu'elle est trop vieille pour être tata point barre.
Bon, il me reste à peine 5 mètres à parcourir, et je sens déjà les effluves de son eau de cologne désuète. Ca me sert la poitrine. Ca sent comme Papi, la caravane et les serviettes de toilettes rapeuses du fond du placard. J'ai la gerbe mais je souris, des hauts le coeur quand elle m'aggripe. Elle m'a rien fait pourtant, c'est juste une vieille. Ma vieillotte.
Elle me prend le bras comme son amie Rose, me le tient des deux mains pour pas que je m'enfuis. T'en fais pas vieillotte, j'suis là pour deux mois, j'aurai bien le temps de t'échapper une autre fois. Je lui souris encore et je l'écoute, me parler de mes cheveux et de ma taille, de mes souliers et de ma mère. Je regarde devant moi pour pas voir ses yeux tristes, gris clair qui ont du être bleus, qui me rappellent trop que le temps passe vite. Qui me rappellent ma mère aussi, qui les a encore bleus mais pour combien de temps dis?
Sinon, à part faire des essais romanesques le samedi après-midi, parfois je vais au restaurant. Quand on y passe par hasard, que l'on m'y invite sans crier gare. Par exemple chez Tante Louise.
Pannequets de saumon, sauce basilic
Filet de dorade grillé, risotto au riz noir et fruits de mer
Lotte lardée et farci à la cive, légume de printemps au beurre

Mille-feuilles aux fruits rouges
***
Service "old school" un tantinet guindé, tout de même amusant à observer. Grandes serviettes blanches, argenterie et vaisselle ciglées, chariot de fromages, serveurs endimanchés et aux petits soins, ici restauration rime avec tradition. Et addition? eh bien non figure-toi! Le menu à 42 euros est franchement une bonne affaire (ici: gaspacho, pannequets de saumon, dorade et risotto, nougat glacé). C'est copieux, fin et goutu, le choix assez vaste pour un menu (3 propositions à chaque étape). Rien à redire. Ah si tout de même: un nougat glacé un peu trop chargé en fruits secs, on cherche encore la crème glacée.
Côté carte maintenant. Bon, autant te le dire de suite, tu risques peut etre d'avoir un peu faim apres ton tandem plat/dessert. Cette remarque ne vaut que pour les plats que j'ai moi-même choisi bien sûr, fort probable que si tu prends l'option viande ce sera plus roboratif. Et cette lotte alors? Pas mal du tout. Certes l'accompagnement est riquiqui. Mais les légumes sont croquants, les girolles fraiches, le poisson très bien cuit.
Le mille-feuille est huge, les fruits rouges bien présents, et je crois bien même avoir décelé quelque mara des bois (ou alors de très bonnes fraises). Honnêtement, je me régale. Comme il devient assez courant, la crème au beurre, crème patissière ou crème mousseline du "traditionnel" mille-feuilles est remplacée ici par une simple crème fouettée vanillée. C'est vrai que c'est léger et onctueux, mais parfois quand même on aimerait trouver en pâtisserie de restaurant un "vrai" mille-feuilles, qui peut se couper au couteau tant la mousseline est réussie: ferme, lisse et fondante. Et on sentirait le travail du guerrier derrière. Alors que la crème fouettée bon ben...on sait aussi la faire hein!
Et pour épancher sa soif alors? La carte des vins est vraiment intéressante, surtout pour nous, ô pauvres étudiants et/ou cuisiniers en herbe payés au lance-pierre, car on y trouve une petite sélection de vins de Bourgogne à prix très très attractifs côtoyant les grands crus de ce genre de maison! Du coup, vu que c'est quand même feu Bernard himself qui recommande, on se laisse même tenter par le premier prix! Un petit Chablis dont je ne me rappelle malheureusement plus les précisions, qui nous est facturé 20 euros les 50 cl. Oui madame, oui monsieur! Et servi bien frais, c'est un petit bonheur, s'il en fallait encore un!
Parce que la publicité n'est pas toujours mensongère: "l'un des meilleurs rapports qualité/prix de la capitale". Bon, n'y étant allée qu'une fois, et étant de nature plutôt méfiante, voire suspicieuse, et tatillône, je m'octroie le droit de revenir sur mes propos ultérieurement si nécessaire. Que la vérité éclate!
Pour ceux qui sont pressés mais intéressés
(non je ne vise pas particulièrement tout parisien de pure souche qui se respecte, quoi que...):
Point positifs:
-l'acceuil, simple, pas trop "trop", et sourires.
-le menu à 42 euros, vraiment très bien
-la justesse de cuisson
-la fraîcheur des produits (évidemment cela n'engage que ma perception du produit, je n'ai pas encore osé demander à aller mettre mon nez dans leur chambre froide...mais l'idée me travaille...)
-les suggestions de vins à prix abordables
Points négatifs:
-le service tout de même un peu trop "trop" (eh oui je suis une grande fille et ainsi capable de demander un peu d'eau s'il m'en manque, de vin également). Mais je sais ,cela fait partie d'une "tradition" de la restauration gastronomique, et plaira sans nul doute à certains adeptes de ce service "aux petits oignons". Mais bon, pour moi, s'il pouvait se mêler un peu plus des leurs (oignons, suivez un peu !), je ne m'en sentirais que plus à l'aise et à même d'apprécier le repas.
-la portion de légumes en accompagnement du poisson à la carte, un peu light tout de même, pour le prix.
L'adresse:
41, rue Boissy d'Anglas, 75008 PARIS
Fermé samedi et dimanche
01 42 65 06 85
PS : Pensée émue à tous les apprentis et commis, et puis merde alors, aux brigades toute entières même! Pour le travail de forcené qui permet toutes ces jolies assiettes, pour les horaires de dingue, le rush du coup de feu, la chaleur du fourneau, les brûlures et coupures, pour la rudesse du milieu qui malgré tout ne fait pas perdre la passion. Salut à vous!
11 mars 2009
"2 pièces cuisine" Paris 18e - "Monjul" Paris 4e : affaires à suivre !!
Comme prévu, voici la suite du "post à tiroir" fatalement bordélique, comme on aura bien eu raison de me le faire remarquer.
Dans ce sens, je vais tenter d'honorer la maxime, ou plutot l'expression, bien souvent dénigrée car à mauvais escient utlisée je le concède: "droit au but".
Il fut un temps récent où je vous parlais déception culinaire, prétention gustative inapropriée, mise sac de portefeuille injustifiée. Arrive aujourd'hui, enfin, le moment de la joie papillaire, du sourire post-dégustation, de la satisfaction stomacale !! Et tout ceci grace à, non pas UN, mais DEUX petits coins(coin) parisiens, qui auraient presque pu passer inaperçus, si leur rapport qualité/prix indéniable et un bouche à oreille efficace ne s'en étaient pas mêlés.
La revanche des ptits coins, de et par E.M
Acte II, scène I
Pour commencer, parce qu'il est le dernier testé en date mais aussi le premier mentionné sur ce blog, je vous parlerai du 2 pièces cuisine, situé dans le 18eme arrondissement de Paris. La formule est simple et le tarif honnête: pour 28 euros, vous aurez le droit à la trilogie gagnante "entrée-plat-dessert", chaque étape répondant d'un rapport qualité/quantité honorable. Pas de photos à l'appui, mais toute ma bonne foi et mon exigence gustative!! Exemple de ce qui pourrait vous tenter:
-crumble d'aubergine au curry // terrine de mascarpone et camembert aux tomate confites
-Thon rosé (une portion gargantuesque!! fait rare concernant le poisson dans la plupart des restos), courgettes sautées (minute il me semble), chutney de tomate //Cabillaud en croute, sauce parmesan, riz sauvage
-mi-cuit au chocolat (un classique, mais toujours ravissant quand il est réussi) avec glace au choix (réglisse, poire...)// vacherin amande et griotte
Je peux valider tous les mets énoncés ci-dessus, les ayant testés et approuvés. Seul petit bémol, qui n'en est pas vraiment un (explication dans 30 secondes): le vacherin est un peu écoeurant car le goût de l'amande très prononcé. Mais étant donné qu'à ce stade de la dégust' la bouteille de Viognier "domaine de la Vervine" était déjà bien entamée, j'hésite tout de même à mettre ce point-là sur le dos de l'état d'ebrieté avancé, associé au fait que j'étais déjà légèrement (!) rassasiée au moment du dessert.
Bon, résumons: c'est bon,certes. Mais pas que !! Car non seulement on s'éclate la panse, on fait danser les papilles, mais en plus les deux messieurs qui nous accueille sont à l'écoute, souriants, détendus (fait assez rare pour être souligné. Peut-être bien spécifique à Paris, va savoir). On sent bien qu'ici le client est chouchouté. Monsieur 1 aide à choisir le vin, laisse le temps au temps pour la commande, Monsieur 2 décore de pétales la table du couple d'habitués qui ne va pas tarder, arrange ses compo florales sur le bar...Ambiance "luxe, calme et volupté".
Enfin, le cadre est plutôt chaleureux, surtout intimiste. Comprenez, on ne vient pas là faire la bringue avec les potes pas vus depuis des lustres. Mais pour ce qui est de papoter secrets avec copine, ou papillonner avec copain, c'est banco !
N'en déplaise aux puristes du Paris centre, il existe un peu cachées partout dans les 18eme, 19eme et 20ème arrondissement (oui oui, Paris Nord msieur'dames!)de petites perles de la restauration!
***
Acte II, scène 2
Comme je ne suis pas, moi, puriste, je quitte mes quartiers et file en plein centre, direction le 4ème arrondissement, rue des Blanc-Manteaux. Nous voici arrivés au Monjul, petit havre de paix non loin de la cohue bruyante du coin shopping de Rivoli. Ici tout est blanc et lumineux, la musique toujours douce. Les murs en pierres apparentes et les quelques poutres contrebalancent ce côté très "épuré" du lieu. La salle, tout en long, donne sur la cuisine ouverte où, si l'envie vous prend, vous irez quémander auprès du chef la recette du gateau au chocolat.
Coté assiette, je n'ai jamais été déçue juqu'alors, après 3 passages chez eux. Le midi, ils vous proposent un menu entrée/plat ou plat/dessert à 14 euros, la totale à 18. Le choix est restreint, certes, et l'on peut, quand on est curieux, remarquer que les différents mets sont plus ou moins composés d'ingrédients figurant à la carte (mais là est la magie de la cuisine: savoir utiliser les "restes"!), mais pour autant, on en aura pour son argent! exemple du menu midi:
-gazpacho de betterave,mousse de pomme de terre,raviole frite de tartiflette /velouté de lentilles, écume au bois fumé, blinis aux épice
-saumon mi-cuit, tarte de bananes et Granny au miel, mini gratin de potiron au miel, raviole poisson-cumin // Rouleau croustillant de porc et oignon confit à la grenadine-riz sauvage
-entremets au chocolat // tarte mirliton à l'aloé vera (pas testée!)
Pour 14 euros,autrement dit le prix d'une entrecôte/frites sur l'avenue, vous êtes surpris par chaque petite bouchée que compose l'assiette, vous vous interrogez sur l'épice, l'arôme, la cuisson! Si vous êtes plutôt du soir, la formule, à 31 euros si mes souvenirs sont bons, est tout aussi honorable.
En bref, 2 pièces cuisine & Monjul: foncez! (et revenez me dire ce que vous en pensez, parce qu'on ne sait jamais...)
2 pièces cuisine
65,rue du Ruisseau
75018 Paris
tel:01 42 23 31 23
Monjul
28 rue des Blancs Manteaux
75004 Paris
tel: 01 42 74 40 15
02 mars 2009
Histoire à tiroirs: école VS blog, "2pièces cuisine" VS "Gaya", écrire VS rôtir
Oyé oyé
Ou pas.
Je suis une déserteuse, j'ai filé à l'anglaise, I disapeared ! Alors je comprendrais bien que votre degré d'assiduité se soit amenuisé, que l'intitulé du blog fut recalé aux tréfonds du listing (en bas à droite de vos pages dans 90% des cas). Je vous en voudrais pas hein, je vous avouerais que moi même je suis devenue une has been du blog tellement j'ai rien lu depuis des mois...Enfin, rien lu, y'a quand même des bouchons à pas pousser trop loin (virgule,Maurice, on la connait). En parlant de lecture, faudra en temps et en heure que je vous parle aussi des vraies. Oui, des bouquins quoi. Il serait question de Toscane(s) et François Simon, et pourquoi pas des yeux jaunes des crocodiles ou de l'éducation des fées même, parce qu'après réflexion (courte j'admets), il semblerait que ce ne soit pas dans les magazines culinaires que l'on trouverait du beau mot. Prenez-moiPrenez-moi pour une naïve, mais il fut un temps ou j'y croyais encore, à la sincérité de la recette, à l'intégrité de la critique, et à la beauté du verbe, aussi. Bon, j'avoue, j'y crois encore. J'ai bon espoir de trouver le lien idéal entre écriture et cuisine.
Bordel. J'ai réussi à ouvrir 4 tiroirs en 1minute12 de tapotage clavier. C'est pas une table de chevet que je vous ponds là dis donc, c'est carrément du chiffonnier de blanchisserie!
Tiroir à chaussette: être ou ne pas être (là)
Tiroir à culotte: F.Simon et confrères
Tiroir à soutif: écrire ou rôtir, il faut choisir?
(Vous croyiez tout de même pas que j'avais plus de chiffons que de lingerie?)
Bon, je passe du porte-jarretelles au cul de poule (autrement dit "du coq à l'âne",ndlr) histoire de revenir à nos moutons. Parce que là je me rends bien compte que le contenant (id est le titre) n'a strictement rien à voir avec le contenu. Je vais donc tenter une approche en règles du sujet annoncé, me conduire en bonne élève, organisée et logique et...ça promet...
Ça commence déjà mal, parce qu'on va commencer par la baston numéro 2, et pas la 1, comme convenu il serait. "2 pièces cuisine" VS "Gaya rive gauche", ou comment la gauche caviar se fait mettre la misère par le 1-8 JulesJoffrinJulesJoffrin represant.
Les deux protagonistes:
*Gaya rive gauche, paris 6e, petit du grand Gagnaire, revendique le moderne, le gastro, le top, le tout...le cher, surtout.
*2 pièces cuisine, paris 18e, petit tout court, petits prix surtout, mais ô combien grand plaisir.
L'histoire commence à l'école, où je passe ,si vous suivez, la stricte moitié de mon temps, au rythme plus ou moins régulier d'une quinzaine par mois. A force de tâter le produit, de dresser le plat et de servir les clients Elsa et moi avons eu l'envie d'inverser la tendance, histoire de reposer nos pieds fatigués et de nous rappeler quelle impression ça fait d'être "de l'autre côté". Bon, on sait que l'on prend un risque, du genre énorme, surtout pour moi. Ben ouais...on est devenu un poil exigent, à force de connaître l'envers du décor. Déjà qu'à la base, j'étais un peu éternellement insatisfaite, un peu tatillonne, un peu ...Bref.
Pour mettre toutes les chances de notre côté, on s'est dit qu'on allait taper dans la valeur sure. Gagnaire, c'est un grand homme, la haute cuisine, la réputation plus à refaire. Mais vu que notre portefeuille, son contenu hein parce côté fashion, il envoie, n'est pas franchement encore à la hauteur du Balzac, on s'est dit que le Gaya Rive Gauche serait bien plus approprié.
Alors? Alors. Certes, la salle est jolie, la serveuse avenante sans être guindée, on nous laisse patauger bien 10 minutes dans la carte sans rechigner, le pain est délicieux, l'assiette joliment dressée...Mais...Il fallait bien un mais, je (je passe du "on" au "je" parce que tant qu'à dire de vilaines choses je préfère en prendre l'entière responsabilité, et ne pas entraîner ma camarade, moins vindicative que moi sur l'instant -mais déçue quand même, il convient de le dire) reste un peu sur ma faim.
Les impressions gustatives: amuse-boucheamuse-bouche ok, on sait ce que c'est, donner faim et soif, faire patienter, en utilisant les petits mets à disposition dans la cuisine. C'était bon, rien à dire.
Elsa prend en entrée le "risotto carnarolicarnaroli traditionnel, corne d'abondance, poêlée de langoustines". Ce n'est pas mauvais, mais on attend encore la surprise sur le palais. C'est d'ailleurs au final ce qui caractérisera l'ensemble du repas: on attend encore le "truc", l'idée, le soupçon de quelque chose qui fait que, le goût, l'odeur, l'aspect ou la texture qui nous ferait acquiescer quant au bien fondé de tels prix, qui justifierait une telle différence budgétaire. Car la petite portion de risotto, à 26 euros tout de même aurait peut être dû avoir eu cette "touche en plus". Je n'aborderai pas trop la question de la cuisson du riz, tant les avis divergent sur la question (croquant, fondant?les deux?). Attendons la suite...
"Dorade royale,blé au jus vert, réduction de jus de betteraves" annoncée pour bibi. J'ai beau relire la carte, il n'y décidément pas écrit "louche de beurre blanc surplombant le tout"... La cuisson du poisson est parfaite, la portion assez petite, cela va de soi, le blé, bin...c'est du blé hein, on y est. Le jus de betterave est sûrement délicieux, à ce que j'en ressens quand je parviens à en extraire 1/2 millilitre, planqué sous ce que je pense être un beurre blanc des plus classiques. Encore une fois, le goût est honorable. Et je n'ai rien à dire sur la cuisson. Mais bougre! j'attendais plus !! Le plat est tout de même facturé 41 euros...Forcément, j'attends mieux que la la dorade royale de la brasserie du coin (même si j'imagine que le produit en lui même est une valeur ajoutée ici).
"Feuilles de sébaste cuites à la poêlé, pointe paprika, soupe d'agria au cantal" pour Elsa. Le tout se joue dans la petite mise en scène ici. On lui apporte l'assiette creuse avec la soupe (agria, c'est juste une variété de pomme de terre, ndlr. Qui n'a rien d'extraordinaire), la serveuse arrive avec la poêle à la main, les "lichettes" de sébaste fraîchement poêlées, et hop, elle fait glisser le tout sur le potage, avant de saupoudrer (trop) généreusement de paprika. Le petit tour de passe-passe impressionne le badaud, on se sent en osmose avec le cuisiner qui vient de faire griller la bête, avec passion, juste pour nous !...mouais... En vrac, les impressions: quantité idéale, même concernant le poisson, ce qui est un bon point. Saupoudrage intempestif décevant: à ma question "et sans le paprika, ça donne quoi?" Elsa est dans l'obligation de me répondre " bin...j'peux plus vraiment te dire là...c'est qu'il y en a juste partout". Soupe bonne mais écoeurante apparemment. Et là encore, on attend les vibrations sur le palais, les narines en émois...On attend...On garde espoir avec la carte des desserts...
"Chocolat blanc, tarte au caramel au beurre salé, guimauve à la fleur d'oranger" pour Elsa. Moui...association peu convaincante, le chocolat blanc à surtout le goût de rhum. La tartelette est garnie du même caramel qu'on nous servira en mignardise, et ça, ça gâche tout...
"Un bon gâteau au chocolat? sauce chocolat au rhum, crème à la menthe, chantilly à la pistache" Là, de toute ma naïveté, je me dis "ça va être fou, ça va être fou, tu vas voir comment ça va être fou"(en même temps c'est un peu l'assiette de la dernière chance, alors mieux vaut y croire!). Ouais, bah tu vas rien voir du tout ma ptite dame. Parce que le gâteau, ce n'est ni plus ni moins le "royal" ou "trianon" que tu dégotes dans toute bonne pâtisserie qui se respecte, et que même toi maintenant tu le fais parce quand même t'as pas pris l'option "cuisine post Licence" pour que dalle. Parce qu'une chantilly pistache servie avec un dessert au chocolat, faut pas être Bocuse pour deviner que ça va le faire, en toute banalité. Et parce que le tout manque cruellement d'originalité.
Les mignardises? la sauce caramel précédemment évoquée, dans la quelle on ajoute 2 ou 3 noisettes pour le fun, des tuiles de choco, une gelée au chocolat. Personnellement, la gelée au chocolat m'émoustille enfin les papilles. Elsa n'aime pas car c'est amer, moi je trouve ça plutôt convaincant d'avoir la force du chocolat amer dans une gelée aussi rafraîchissante. Très bien avec mon café. Qui sera facturé 6 euros. Le clou de la soirée en somme.
Au final, de bonnes choses, mais gentillettes tout de même, qui ne nous rassasient pas forcément non plus, et qui nous laissent dubitatives quant à la renommée de l'endroit. C'est bon, c'est bon, je l'admets, j'en conviens, mais vraiment, quand on est face à des prix allant de 20 à 45 euros pour les entrées ou plats, et de 10 à 14 pour les desserts, j'imagine qu'on peut espérer un peu mieux qu'ailleurs. Un peu plus surprenant, ébouriffant, alléchant, que dans un restau planqué du 18e qui propose une formule entrée-plat-dessertentrée-plat-dessert à 28 euros, non? Et pourtant, c'est de là que viendra la bonne surprise, le bon rapport qualité/prix, sans chichis, sans grand exploit culinaire non plus, mais tout en modestie et bon goût.
Suite au prochain épisode, avec, comme principaux protagonistes: Le 2 pièces cuisine dans le 18eme, ainsi que le Monjul dans le 4ème. Le second s'ajoute à la dernière minute car je m'en rends qu'après trois passages là-bas je ne lui ai toujours pas fait honneur! Affaires à suivre...
26 août 2007
"O Bon Home", un resto qui porte mal son nom...
Je vous donnerai juste mon avis sur ce lieu au premier abord fort sympathique et plutôt appétissant (millefeuille de betterave au chèvre, croustillant de poulet à la fêta...), qui s'est révélé très décevant, pour le peu que j'ai pu en voir.
Après quelques réflexions on ne peut moins désagréables, il nous a bien fallu quitter l'endroit, ayant sentis que nous n'étions point les bienvenus...
Pour éviter la polémique (et parce que bon j'ai pas trop envie de m'attirer des ennuis moi!), je ne vous relate pas l'échange en détails, m'enfin il me semble que la moindre des choses pour un restaurateur est d'accueillir ses clients, d'ouvrir la bouche ne serait-ce que pour annoncer la carte, les plats manquant ou autre, et d'éviter de saluer leur départ par un tonitruant (devant -petit mais comble- toute sa salle) " ça nous fera des vacances!!" ou mieux encore "moi internet, je CHIE dessus"....
Passons les réflexions de jugement sur le végétarisme...
Notons au passage qu'un tout mignonnet couple de bobo s'est fait rembarrer sec, alors qu'il semblait bien rester une table de libre, là bas au fond... "ah oui, mais non"..."non mais je fais ce que je veux quand même"
Ouep, rien d'autre à dire Msieur, nous, on va pas vous embêter plus longtemps....
Peut-être était-ce simplement le mauvais jour, au vu des critiques plutôt favorables glanées sur le web. Quoi qu'il en soit, j'avais jamais vu ça!
De là, on a filé chez le premier indien venu, et qu'est-ce qu'on s'est régalés!! Accueil chaleureux, les ptits plats dans les grands, service impec, plats copieux, et même serrage de main général! ya pas à dire, parfois la simplicité a du bon.... (je crois qu'il est sur le boulevard de Belleville, en haut de la rue Rébeval... encore un peu sonnés on n'a pas noté l'adresse)
P.S: je vous donne pas l'adresse du "bon home" hein, vous pourrez la trouver sans problème. Car il se peut vraiment qu'on soit tombés au mauvais moment, et que ce lieu vaille mieux que "ça"... mais ne comptez pas sur moi pour retourner vérifier !
18 avril 2007
"L'Heure Bleue", rue Arthur Rozier, 75019 Paris
Je vous présente un petit restaurant parisien qui m'a conquise chaque fois que j'y ai mis les pieds (ou plutôt les papilles cela va sans dire), mais également tous les amis que l'on y a conviés!
Il vous faudra gravir un escalier interminable et ne pas vous effrayer de la ruelle sombre à traverser avant d'accéder à cette petite merveille de gastronomie...
Vous pénétrez alors dans une sale modeste et conviviale, type bistrot: comptoir imposant, plancher de chêne brut, banquettes en cuir à l'ancienne et tables en bois. C'est le patron qui vous accueille, toujours souriant, voire jovial. Il ne refusera pas de vous servir sous prétexte que vous souhaiter débarquer à 22h ! (notre dernier festin en ce lieu s'est éternisé jusqu'à 1h, on s'y sent tellement bien que le temps passe à une vitesse folle...c'est peut-être ça le secret de l"heure bleue"!)
Vous êtes désormais confortablement installés, et, la carte sous les yeux, vous hésitez longuement à la lecture de tous ces mets alléchants. La maison propose une dizaine d'entrées, dont 3 ou 4 végétariennes, et il en va de même pour les plats. De plus, j'ai pu remarquer que la carte varie assez souvent, certains classiques restent ( crottin de chèvre chaud et sa compotée d'oignons au miel, ravioles du Dauphiné crème au basilic, confit de canard pommes sautées, fondant au chocolat, crumble pommes framboises et petit pot de crème fraiche...), et quelques nouveautés viennent vous tenter - le principal plat végétarien change régulièrement- (crème brulée de crevettes à l'armoricaine, caviar d'aubergine, chausson chèvre épinards, colombo de tofu, chili sin carne, légumes à la gorgonzola, thon grillé au pistou...).
En plus de la carte, le chef vous propose l'ardoise du jour, comportant une boisson, une entrée, un plat (souvent le poisson du marché) et un dessert. Vous aurez peut-être la chance de tomber sur ce jour où il nous sert une délicieuse charlotte aux fruits rouges, ou encore un bavarois coco et sa sauce au chocolat...
Le midi, une formule à 12,50euros vous est porposée, avec 3 entrées, 3 plats et 3 desserts au choix. Il n'y a cependant pas de formule le soir, mais quand on aime...on ne compte pas!
Après avoir enfin réussi à faire votre (vos!) choix, il faudra vous armer d'un peu de patience (le soir) avant de vous régaler. C'est le patron qui sert, parfois aidé d'une aimable dame, et la salle est toujours comble (je n'ai pas encore poussé la curiosité jusqu'à demander s'ils travaillaient en famille, mais c'est tout comme!) Mais l'attente ne fera que décupler votre plaisir! Vous pourrez enfin découvrir le contenu de vos assiettes, plus que copieuses, et déguster avec délices les mets tant attendus...
N'étant pas fine connaisseuse en matière de vins, je me contenterai de dire que je n'ai jamais été déçue, la carte laisse un assez large choix, surtout du côté des rouges.
J'espère vous avoir convaincue car je n'ai jamais été autant satisfaite d'un restaurant (bien souvent, l' exigence de la cuisinière que je suis fait la critique vive :) ). Tout est parfait: de l'accueil au dessert, voire au petit bonbon piqué sur le comptoir en sortant!
Notes:
-réservez pour venir dîner, et essayez de ne pas venir trop tard le midi (les habitués du quartier doivent avoir ici leur meilleur repère!)
-testez au moins une fois le crumble, même si vous faites le même à la maison, il est divin !
-accès: métro Botzaris (ligne 7bis)
Tarifs :(ne m'en voulez pas si ce n'est pas tout à fait ça, j'ai la mémoire sélective:je peux vous décrire avec précision mon dernier dessert, mais vous dire combien il m'a coûté, alors là! Peut-être aussi parce que j'ai toujours eu l'agréable plaisir de me faire inviter...héhéhé...)
-menu le midi à 12,50euros
-à la carte le soir: entrée entre 6 et 9 euros, plat entre 12 et 20 euros, dessert entre 5 et 7 euros.
Mes meilleurs souvenirs:
-j'y ai toujours passé des soirées exquises: bonne ambiance, convivialité, clients sympas, et menu miamesque!
-la crème brûlée aux crevettes...huuuummm
-le chèvre chaud, sa compotée ... si souvent décevant comme entrée, là vous pouvez y aller les yeux fermés
-les poissons du jour, toujours accompagnés de divers légumes, et cuits à la perfection
-le ...crumble bien évidemment !
Mettez-vous à l'Heure Bleue !!







