11 juin 2010
L'expérience du dineur solitaire, le marché d'été, Rino. Enjoy.
J'ai l'esprit encore un peu embué par le verre de vin blanc bio dégusté chez les ritals que je vous écris déjà l'article. Car la saveur y perdrait, car la spontanéité du goût doit transparaitre dans l'écrit.
Mon compatriote des essais bistronomiques m'ayant fait faux bon pour d'absurdes raisons (comment ça écrire un mémoire de M2 en droit dans l'heure qui vient est une excuse recevable?), me voilà, hardie et assurée flippée grave, attablée en solo dans cette petite échope du 11e arrondissement. Table du fond, baie vitrée, petite cour, soleil qui caresse. Feeling good. T'aurais pas dû m'abandonner ju, t'aurais pas dû:)
Ceci dit, j'ai dégoté deux compagnons de secours,et de choix: Vivre Paris pour ma lecture, mon fidèle APN pour la vôtre, future.
J'ai moins de scrupules à régler dix fois pour joujou, et puis je peux bouquiner la page mode tranquille,na.
Bon, je suis civilisée tout de même, alors j'observe, je souris, j'interroge. On n'est pas au café du coin non plus, on est là pour en prendre plein les papilles merde!
Carte brève, directe, lets go.
Velouté de haricots blancs, brandade, chou pointu, salicornes, oeufs de poisson. Mortel. Doux, tiède, croquant, frais, savoureux. Un baiser. Mortel, donc. On voudrait juste y revenir dix fois, qui se lasse d'être embrassé, qui?
Carrelet meunière (mais pas meunière, finalement. Dommage), pommes de terre nouvelles, mini fenouils, arroche, pistou d'herbes. Pas mal. Equilibré, bien cuit, bien assaisonné. Mais mais mais, on attend le petit plus, l'accroche qui laisse le souvenir au bout de la langue.
Financier, fraises, glace au lait. Simple, enfantin, très bon. (déjà) classique de la maison.
Je suis conquise, pas pleinement surprise, certes, mais d'aucuns avanceront mon niveau d'exigence frisant parfois l'improbabilité.
Et puis cette petite entrée, rien qu'elle, m'aura d'emblée décidée à revenir, c'est pour dire!
Mais, que vois-je, à la table voisine, des assiettes innattendues, des mets secrets, des "menu en 4 plats" !!? Il se joue ici quelque mélodie en sourdine, un truc d'initiés...Mince, je suis jalouse. Alors certes, voilà bien le jeu des nouveaux cuistos, être libre, décomplexé, n'en faire qu'à sa tête, et Dieu sait comme j'approuve! Sauf que, là, on entre sur le terrain de la frustration, de l'inéquité, et, j'avoue, c'est un peu douloureux. Pourquoi la proposition du rouget petit pois à ma gauche, pourquoi l'arrivée de la demi-langoustine en guise de patience à ma droite?
Oui oui je sais c'est mal de regarder dans l'assiette du voisin.
Ma punition? la voilà sur l'addition: dessert offert! Rouge comme leurs fraises, ma honte.
Et si finalement, chez Rino, tout le monde avait droit à son privilège, parce que chaque être de ce petit monde mérite la générosité et le bon goût de Giovanni?
De retour so soon chez les jolis italiens (ça ne gache rien hein), pour venir tâter de leur carte béton du soir, ou encore savourer le bonheur d'un déjeuner ensoleillé, accompagnée. J'ai déjà ma petite idée concernant la belle âme qui saura partager cet instant de nouvelle cuisine:)
Rino chez Giovanni Passerini, avec Simone en second, et un gentil serveur aux superbes binocles
46 rue Trousseau
75011 Paris
Tel 01 48 06 95 85
ps: si vous êtes veinarde, Romain D. ne s'attablera pas trop loin de vous...j'dis ça, j'dis rien moi...
ps 2: prenez quelques minutes d'avance, allez balader dans les allées du marché d'Alligre, goutez les abrictos et les fraises, observez-les jouer à la marchande...C'est bon, vous êtes prêts, à table!
29 mai 2010
In de Wulf...jouer les petits chaperons rouges...
Tout avait commencé par cet article de Caroline. De ses photos émergeait une séduction telle que ma pensée dès lors en devenait fixe. Tel le petit chaperon attiré par les sentiers hors piste, par les bois profonds et mystérieux, j'étais irresistiblement aimanté par la lande flamande, la brume de Dranouter, la sensualité brute de la cuisine de Kobe.
Je voulais me perdre dans les champs, prendre la mauvaise sente, demander mon chemin en langue inconnue. Je voulais mériter cet instant hors-temps. C'est fou comme la valeur d'un trésor augmente incroyablement selon q'il est aisé ou non à découvrir. Cette fois-ci, il m'aura fallu me lever à l'aube, convaincre X de ne poser aucune question quant à la destination, mémoriser le trajet, tenir la route 2h30 durant, ne pas confondre Koudekostraat et Planciusplein... Et, un peu de pragmatisme, préparé psychologiquement mon porte-monnaie. Certes, mais ça en valait la peine.
Tel ce petit chaperon curieux et désobéissant, je voulais prendre des chemins de traverses, couper à travers bois, entrer dans la pénombre (pour y voir plus clair?). Lorsqu'un chemin tout tracé vous est imposé, suggéré, conseillé, que même votre propre conscience vous recommande cette voie, comme il est bon de flirter avec l'interdit, de prendre le risque, de choisir l'incertitude, l'inconnu et la folie, plutôt que la sécurité, le confort...et l'ennui. Peut-être ne trouvera t-on jamais le trésor, au pied de son arc-en-ciel, véritable chimère, peut-être le trésor ne sera t-il pas du tout à la hauteur de nos espérances, mais Dieu que la quête aura été bonne! Mais pour le coup, le butin égalera la course, car parfois oui, tout peut-être parfait.
La chasse au trésor prit fin à la découverte du discret écriteau en fer forgé annonçant "In de Wulf". Brrrr. Dans la gueule du loup, textuellement, nous y étions. Les chemins escarpés, les champs à perte de vue, voilà pour planter le décor. L'odeur des vaches, aussi, et le soleil, inespéré. C'est fou comme si peu de choses peuvent vous faire sentir si bien.
La poésie qui émane de ce lieu se retrouve dans chacun des écrits le concernant. Et quand Sophie vous traduit cet envoutement en parlant d'envolée lyrique, alors, il n'y a plus qu'à se laisser porter par le charme...
Des tonalités brutes, de pierre, de brique et de bois, adoucit par le printemps naissant, la tiédeur et la nature environnante. Un accueil sobre, simple et...c'est con hein, mais juste vrai: accueillant. Une place au soleil, le bruit de quelques abeilles égarées, un verre de vin blanc pour accompagner des chips de betterave et yaourt, du pop-corn porc-moutarde ou plus simplement ce pain divin. On vous parle là de vrai pain, avec une grosse croûte par endroits brûlée, une mie à la fois dense et alvéolée, franche et gouteuse. Pour les amateurs, saindoux et beurre doux de la région.
Le grand méchant loup a du goût et des idées, un regard franc, le coeur à l'ouvrage, et ce supplément d'âme (inverifiable il va de soi) qui transcende les assiettes. Quatre heures de dégustation, aucune précipitation, le temps coule doucement, le soleil décline et l'on se s'apperçoit de rien.
On voudrait rester là, goûter encore. Il est 17h et Kobe vous parle de cette infusion à l'églantine quand vous le questionner sur l'espuma. Il est 17h et vous papoter émulsion, jeune cuisine et Danemark. Il est 17h et vous jeter un oeil à l'antre du loup (qui n'a rien ne grand et encore moins de méchant), cuisine refaite à neuf car "c'était le café de ma mère, elle avait tout agencé avec de la récup, deuxième main c'est comme ça que l'on dit non?", équipe silencieuse, sourires malicieux. Ils doivent en voir passer, des curieux... Il est bien plus de 17h et l'on parle encore (toujours) cuisine, Kobe parle du futur voyage au Noma avec l'équipe, on parle nous déjà de notre futur passage dans ses bois...
Quand les images parlent d'elles-même, illustration d'une échappée belle
In De Wulf
Wulvestraat 1
8950, Heuvelland(Dranouter)
Tel 057 44 55 67
Fax 057 44 81 10
info@indewulf.be
www.indewulf.be
- Menu lunch 45 euro, vins compris 55 euro, le midi en semaine
- Menu du marché 75 euro, vins compris 95 euro, pas le samedi soir
- * Menu dégustation 95 euro, vins compris 125 euro
- Menu dégustation 115 euro, vins compris 160 euro, dernières commandes à 13h et 20h15
01 mai 2010
Tour à Tours, suite et faim: l'Atelier d'Akrame.
Samedi, 20h40
En voiture dans Tours, je me dis, c'est finger in the nose pour le créneau juste devant l'entrée du resto. Bon, ça c'est parce que je crois que quand t'as réussi a te garer dans Paris, tu peux te garer partout ailleurs dans le monde. Sauf que Tours mon ami, ça vit la nuit. Donc après environ cinq tours du parking de la place, marche arrière et avant confondues, on prend l'option racaille urbaine en grimpant sur le trottoir et l'angle. Je sais c'est mal. mais arriver en retard, c'est pire.
L'entrée. C'est beau. Même très beau. Enfin c'est un style. Banquette matelassées, écrans lcd, lumiere tamisée, ambiance sushi-lounge quoi. Design, sobre et accueillant toutefois. Serveurs "de la hype" avec un tablier bavette qui acceuille la cravate. Un peu ridicule oui, mais ça marque.
Accueil chaleureux, décontracté mais pas bistrot. Présentation du lieu, du concept, qu'on avait déjà bien saisi tout de même. Un chef (Akrame Benallal) un menu unique, 6 plats, 50 euros. Pour les timides, ou les petits ventres, entrée/plat/dessert à 30 euros, même concept. Le tout : à l'aveugle.
On pourrait dès lors lancer le débat, on y trouverai pas mal de notions, beaucoup de réflexions, ça sonnerait un peu comme ça "liberté...jeune cuisine...égo...folie...facilité...magie...changement...renouveau...audace...risque?...prétention...émerveillement...fulgurance..."
Car les menus uniques émergent ici et là, se pressent et se multiplient, pour venir faire la nique aux sacro-saints menus-carte, carte à rallonge et même sympatiques ardoises bistrotières. Mais qu'en penser alors?
Comme le débat se vit plus qu'il ne s'écrit, déclarons-le mort-né sur cette page, et attendons une rencontre pour laisser fuser les idées.
L'Atelier d'Akrame, Tours, voyons ce qu'il a dans le ventre
Chez Akrame donc, on y va parce qu'on nous dit que c'est "la" table du moment. Bon, d'accord, "on" n'est pas n'importe qui. On y va déjà les yeux fermé à vrai dire, et cela fait coup double à l'annonce du non-menu. Qu'est-ce que ça vaut, et qu'est-ce qu'on y mange? no idea sir, let see...
Autour de nous, une clientèle hyper éclectiques: un tout jeune sommelier très bavard avec sa jolie compagne et les beaux-parents, une tablée familiale de 7 à 77 ans, des touristes japonais sur les tabourets de la table haute...
Un cocktail du jour un peu long à arriver, dans lequel il faudra ajouter le de la glace. Non mais parce que même si le rhum c'est super bon, tiède, ça passe moins bien tout de même. Sinon, c'est bon, frais, sucré, un truc de fille.
On observe, rigolardes, le manège qui se répète à tour de table, des serveurs qui font le jeu de la cuisine d'Akrame: déposer l'objet, l'expliciter, faire jouer les accessoires. Eh oui, qui dit menu unique, dit service unique, dans le sens de répétitif. On se met les oeillères alors, afin de garder un peu de mystère pour la suite.
Un amuse-bouche dans une boite en plexi (notez tout de suite que le jeu des accessoires nous a plutôt laissées sceptiques tout au long du dîner): oeuf de caille, tuile salée, réduction de vinaigre. Boum. Simple, rapide, efficace.

oeuf de caille, tuile, vinaigre.
2e du nom. Huitre, écume d'échalotte, écume de lard. Un premier jeu de passe-passe annoncé par le serveur "soulevez le tube transparent et voilà". Et voilà les mousses qui se mêlangent entre elles et ne se distinguent plus mec. Bon, ce n'est pas très grave, c'est bon quand même. Attendons la suite...
Une entrée, et une frayeur. La (seule?) déception de la soirée. Enoncé racoleur, jeu de scène, produits alléchants, puis ...rien. Foie gras poché en feuille d'épinard, navet cru émincé, bouillon de poule et sucre pétillant. Le merle serveur te dépose l'assiette, te sort son blabla, dispose ses graines magiques et verse le bouillon. Alors oui, ça pétille dans ton esgourde, mais après ça, rien d'autre. Parce que le bouillon est un peu fade? Parce que le sucre dans le bouillon n'apporte rien? Parce que le foie gras est encore cru et presque froid? Là je vous avoue que j'ai flippé. Le petit oeuf m'avait fait de l'oeil, les conseils sommeliers vraiment convaincants, mais qu'est-ce que c'était que "ça"?quand la beauté ne suffit pas, voyez vous même...

foie gras poché, navet cru, bouillon
On attend la suite, impatientes mais cependant moins euphoriques. Et là, re-boum. Je sais, "boum" ne s'écrit pas, ne se dit même pas, mais je vois pas trop comment l'expliquer autrement. Homard mi-cuit, chou-fleur cuit, cru, citron vert, vinaigre vieux. L'extase. Je vous jure. J'en parle encore, et ça nous fait même inventer des risottos où la liaison se fait à la crème de chou-fleur, où le même chou se balade en poudre, où les langoustines remplacent le homard.
Bref, l'assiette est parfaite. On a cherché pendant cinq bonnes minutes ce "truc" en plus, bien connu pourtant, qui n'était autre que du zeste extra-fin de citron vert. Putain mais bien sûr !! Tout ce qu'il faut est concentré en 3 teintes, 3 éléments, et beaucoup de saveurs. Iodé, sucré, acidulé, amer, fondant, résistant, crémeux. Le kiff.

Homard, chou-fleur, citron vert, vinaigre vieux
2e poisson. Lotte, olives noires, topinambours. Au creux d'une assiette blanche, balayée d'un coup de pinceau d'encre de seiche, un morceau de lotte entièrement noir. Comme carbonisée mais luisante, la bête cache bien son jeu. La robe noire n'est autre qu'une sorte de tapenade ultra savoureuse, fermement aggrippée au poisson, qui sale sans dénaturer. Une virgule de purée de topinambour, très doux, et un quartier du même protagoniste à peine cuit, je dirais plutôt presque cru. Surprise, étonnement, acquiescement.

Lotte, pâte d'olive noire, topinambours
Viande: là, je dois vous avouer que le vin blanc avait bien fait son effet, que mes papilles commencaient même déjà à fatiguer, alors l'attention avait baissé d'un cran. Preuve en est: l'oublie fatal de photo. Pourtant le plat était plutôt réussi. Mais n'a pas autant marqué les esprits que ces prédecesseurs. J'ai donc en mémoire un quasi de veau bien rosé, accompagné de céleri sous plusieurs formes: espuma, purée, cru, cuit... Rien d'extra-ordinaire, mais encore une fois la justesse d'assaisonnement, de goût et de cuisson.
Fromage: on cale déjà tellement qu'on avait complètement zappé de préparer notre estomac à cette étape-là. Quelle erreur! l'assiette est simple mais tout bêtement réussie: un munster à bonne température, des endives émincées qui apportent l'amertume nécessaire, une vinaigrette sucrée pour contraster le tout.
Dessert: l'appellation laisse imaginer mille choses, l'assiette et la dégustation freinent un peu nos ardeurs. Le "chocolat façon forêt noir" se résumera plutôt à un mic-mac assemblé, autour du chocolat certes, mais bien bien loin de l'idée de la forêt noire. En fait, le seul élément que l'on y retrouve est une unique cerise perdue au fond d'une sorte de mousse-ganache. Différentes textures donc, mousse, glace, brisures de meringue. Ce n'est pas mauvais mais on cherche l'harmonie, la clé, l'explication de texte qui éclaire la démarche. J'ai parfois l'impression de me répéter d'expérience en expérience, mais vraiment, la patisserie, c'est un monde à part...
Chocolat dit "façon forêt noire"
Heureusement, à côté, un petit pot magique! Une panna-cottaa au café surmontée d'une espuma au caramel.Simple, gourmand, équilibré.

panna-cotta café, espuma caramel
Vins: grand grand plus de l'adresse. On vous guide (certes un peu comme le reste des convives) et vous approuvez. Un blanc du coin, ultra minéral, pour accompagner les poissons. Je me maudis encore de n'avoir pas noté les références. Un rouge qui n' pas l'appellation vin, pour la suite, "le verre du poète", dans lequel ont macéré quelques herbes aromatiques, et qui donne un résultat fichtrement surprenant: un nez et une bouche de vieux vin, limite madérisé! alors qu'il s'agit d'un 2009...on est bluffées...
De plus, le vin au verre est hyper abordable, et si vous avez la descente un poil trop rapide, on vous remplit le godet sans vous le facturer (non je ne suis PAS journaliste, et donc PAS privilégiée).
Fin de soirée: petite virée au sous-sol pour rendre visite au maître des lieux, déjà en pour-parler avec quelques habitués. Ici point de cuisine cachée, d'apprentis à dissimuler, de chef inaccessible. On papote, on papote, ah tiens oui c'est ma second ,elle a 21 ans, l'an prochain de l'envoie au Japon...et puis c'est déjà l'heure, 1heure, écrire l'article, dormir ,ah dormir...
Verdict: mitigé. Comme bien souvent, je pèse le pour, le contre, je tourne et retourne les souvenirs, les impacts gustatifs, les chocs photographiques, et comme bien souvent, je ne PEUX pas être dityrambique, Ni 100% critique. Il y a du bon, du très bon, sous les mains et sur le feu d'Akrame, on sent à la fois l'expérience, le goût et le talent. Puis il y a le moins bon, disons, ce qui laisse planer le doute: chichis de mise en scène, service à peine un peu (mais déjà trop?) condescendant, facilité du menu "secret", petites erreurs côté saveurs (foie gras, dessert...).
Solution: y retourner! Car franchement je n'avais pas mangé un aussi bon plat que ce homard depuis des lustres, où chaque élément se justifiait, chaque parcelle de l'assiette me bluffait...Car franchement, si j'en parle encore aujourd'hui avec tant de ferveurs, et malgré mes hésitations, mes doutes, c'est que tout de même, il S'EST PASSE QUELQUE CHOSE! et ça, ça n'arrive pas tous les jours...
Les plus: concept excitant, beaux produits, bel endroit, originalité ET maîtrise de la cuisine, on voit que le type tâte du terrain, et pas qu'un peu.
Les moins :petites fautes de goûts, trop de mise en scène, attente parfois longue entre les plats.
L'Atelier d'Akrame
18 Place de la Résistance
37000 Tours
02 47 34 02 55
midi: 16/20 euros
soir: 35/50 euros
Ouvert du mardi au samedi
05 avril 2010
Tour à Tours: Cap Sud pour commencer, Cook is Not Dead
Ces derniers temps, j'avais comme l'amertume collée au palais, le désespoir agrippé aux papilles. Les effluves de la malhonneteté m'effleurait les narines à chaque porte de resto franchie. J'avais comme une impression de déjà-vue à chaque assiette servie, et je décelais les anarques du bon goût sur chaque ardoise brandie. Suggestion du jour? produits à passer...Bar et Fenouil rôtis? encore?!! Magret lentement cuit par nos soins? sous-vide, easy...
J'avais l'impression qu'on nous prenait vraiment pour des cons.
Les saveurs uniformes, les appellations pompeuses et si désuètes, les tendances copiées-collées...j'arrivais à saturation. Je me demandais si ça valais encore la peine d'honorer la cuisine, la bouffe, la ripaille, la gastronomie, toutes ces versions de ma passion pour le goût, alors que partout où j'allais la déception me suffoquait. On encensait KGB, Miroir et d'autres encore, j'y courrais la salive aux lèvres, l'estomac à la fête, j'allais enfin kiffer quoi. Et puis...rien. Le sous-vide perfectionne la cuisson, les associations à la mode fonctionnent certes, mais au delà, rien, mes papilles somnolent toujours, pas de surprise, pas de choc, pas de charme.
Heureusement, au détour de rencontres bienheureuses, j'allais me ressaisir en goûtant l'audace tant recherchée, par exemple en dinant à la Gazetta. C'était amer, c'était doux, fumé ou sirupeux, craquant, piquant et finalement fondant, quelques erreurs de parcours, évidemment, mais au moins le courage de prendre le risque!! Un sur mille me redonnait la foi.
Car franchement, je me faisais sacrément chier ces derniers temps. J'aurais pu croquer une aubergine crue trempée dans le chocolat blanc rien que pour réveiller mes sens!!
J'étais avide de nouveauté, de générosité et de folie. Je voulais tout à la fois, faire voler les verres en crital et les nappes blanches, péter la gueule aux serveurs endimanchés et lourdingues, déchirer les cartes et leur logghorrée ridicule, voir les chefs de partie et les commis s'activer, et être félicités, sentir le chef vibrer et cuisiner, croire encore que la cuisine c'était bien ça: aimer et partager.
J'arrêtai alors les frais pour quelques temps, savourais mes carbo à la maison, essayais le cerfeuil avec le sablé breton pour voir, poursuivais plus sereinement mon bonhomme de chemin.
Puis une proposition, un week-end, la province, aucun a priori, pas d'avis ni (trop) de critiques gastronomiques. Juste une ou deux adresses, pas de pression, pas d'attente. Et boum. On y était. Et puis même si ce n'était pas vrai (qui saurait détenir la vérité? qui serait le juge suprême alors?), c'était tellement bon, tellement vrai, qu'on y a tout simplement cru, et pouvoir croire à nouveau, dieu que ça fait du bien !!
***
Au CapSud pour débuter, 13 heures bien sonnées, l'estomac dans les talons, et ces derniers en vrac de taper le bitume de la jolie mais désertique ville. Franchir la porte, et déjà se sentir bien. Une petite salle, intime et chaleureuse mais ultra moderne et colorée. Gris, blanc et rouge, c'est clair et propre, bien agencé, on pense déjà à les copier pour refaire son salon, voyez. Et puis l'accueil, un poil trop bavard peut-etre, mais on est en week-end alors on a le temps, des choses à dire, et l'oreille curieuse.
Ici les prix du menu déjeuner vous mettent une claque d'emblée. Quand à Paris vous bataillez pour payer moins de 18 euros une entrecôte dégueulasse avec "ses"frites surgelées et "sa" sauce doucement relevée (moutarde quoi), à Tours, au CapSud en tout cas, vous apposez le parafe sur un cheque de 16.00euros,même le samedi, pour déguster la totale entrée/plat/dessert, et on est à mille lieues des bavettes/patates et autre bistroteries. Notez que je n'ai rien contre les bistroteries, tant qu'elles conservent un rapport qualité-prix décent. Je me ferais bien la côte de boeuf pour deux du Bastringue là tiens, avec les petites patates sautées à l'ail qui vont bien, hummm...enfin bon je m'égare.
Ici donc, on est plutôt du côté cuisine moderne, fusion, nouvelle vague, appelons-là comme on veut. Je vous parle par exemple d'un quinoa travaillé comme un céleri rémoulade, rectangulairement posé sur une gelée de persil, qui accompagne tout en douceur ces cubes de thon aux graines de sésame, juste snakés.
Ou bien alors de mille légumes bien cachés dans une tuile qui me semble être tout simplement, mais intelligemment, de la pâte brisée à la carotte! Sous la brunoise de crudités (poivrons, concombre...) une aigrelette purée froide dartichauds, et pour adoucir tout ça, un velouté vraiment terrible, que j'imagine poivrons/carotte. Yes.
J'oubliai presque de vous définir le concept du "menu déjeuner". C'est tout con finalement. Entrée au choix à la carte, dessert , idem, mais un seul plat du jour. De quoi simplifier le travail des cuisiniers car on sait que le rythme du déjeuner est forcément plus soutenu, de garantir également (logiquement) une fraicheur assurée du produit principal (ici un poisson), et aussi d'assurer le roulement des denrées de la carte fixe entrées/desserts. C'est ce que je m'imagine en tout cas en tant que professionnelle. J'aime bien me dire qu'un concept sert à la fois le producteur et le consommateur. Eh oui.
Bon, on s'extasie, on se régale, on sauce, mais voyons voir la suite. Sur l'ardoise :Filet de poisson blanc (trou de mémoire), petits légumes, crème légèrement parfumée à l'ail. La-dessous finalement, le cuisto peut cacher un peut ce qu'il veut. C'est là que réside le risque quand il y a des exigences côté clients. En gros coco, je te fais confiance, donc si tu me sers des tomates ou des asperges en février, tu vas prendre cher. Mais au final, que du bon: un lit de risotto bien crémeux, un poisson épais et cuit vapeur, nickel, quelques champignons et carottes poêlés, une écume comme annoncée. Ok ok, le risotto n'était franchement pas au programme, mais c'était tellement harmonieux que je n'ai même pas sourcillé.
Attention, zone dangereuse. La carte des desserts, pour moi, c'est toujours un supplice. Parce que je mets 40 minutes à choisir et aussi parce que je suis 4 fois sur 5 déçue par le résultat. Comment dire, la pâtisserie, c'est un peu toute ma vie. Alors évidemment la barre est haute. Au CapSud, tous les intitulés sont tentants, on y cause pas mal de revisiter ceci ou cela (un bounty, un vacherin), et pour le visuel, c'est assez convainquant.
Mais en bouche, j'avoue émettre quelques réserves. Meringue sèche et dure, crème trop gélifiée, chiboust granuleuse, fruits insuffisants. Je sais, c'est rude. Il fallait bien un faux pas tout de même! Côté bounty, c'est déjà plus satisfaisant. Mais...quand même, c'est bien en dessous de tout ce qui a précédé. Ceci étant dit, les petites guimauves home made, parfum poire/clémentine, en guise de mignardise, rattraperont pas mal le coup !! Mes papilles s'en souviennent encore, jvous jure.
On est ressortie de là le sourire aux oreilles, le ventre satisfait, le palais réveillé. J'étais en train de me réconcilier avec la restauration. Oh yeah.
CAPSUD
88, rue Colbert
37000 Tours
tel: 02 47 05 24 81
Ouvert du Mardi au Samedi
déeuner :16 euros / menu carte diner :24 euros / menu dégust: 36 euros
07 mars 2010
Ces hommes qui piquent ton rouge à lèvre et dévorent tes ersatz de tarte au citron trop bons
T'as beau les connaitre depuis 20 ans (oui t'en a 24, t'as donc rencontré les meilleurs amis de ta vie en 1ère année de maternelle, et ça, c'est la classe), ils te surprendront toujours.
Tu les savais capable de porter le pate d'eph en velour et/ou fleuri pour monter sur scène, rouler des fausses cigarettes avec du papier canson et du thé, s'enfoncer une aiguille de couture dans l'orteil, en prendre un pour taper sur l'autre et casser une dent de devant, ramper sous les grillages pour jouer un tennis sauvage, finir dans un champ de blé en AX à 04h46 un dimanche, se baigner les pieds dans un lavoir rural en plein hiver...
Mais, va savoir pourquoi, pourtant tu les connais hein, tu les avais cru assagis, calmés par les années, peut-être même mûrs qui sait!
Et il n'aura fallu qu'une soirée, une minute, un seconde de folie et quelques mojitos à la fraise, pour te rappeler à quel point ils sont quand même vachement barrés, tes potes. Et ce petit instant là suffit pour te rappeler à quel point tu les kiffes, tes potes.
Alors que N. s'essayait à la moue Crawfordienne devant l'objectif, J. s'appliquait minutieusement à rectifier les contours de ses lèvres. Nous, les meufs, on les regardait, ahuries. Non seulement le geste était précis et assuré, mais en plus il avait l'air absolument naturel. Merde alors... Ils jurèrent pourtant n'avoir jamais, ou si peu, expérimenté la chose. S'appliquer un rouge coquelicot serait-il alors tout bonnement naturellement inscrit dans les gènes XX comme XY?
Après, ils se sont trouvé beaux, ils ont pris la pose, on a bien rigolé, puis on s'est dit que quand même, c'était pas hyper séduisant, le rouge, sur un mec. Ca fait tout de suite vieille moche. Du genre 80 balais pas liftée dents de fumeuse et poil au menton. Yeurk.
Tu t'es rendue compte qu'ils restaient malgré tout des mecs quand ...ils auraient bien voulu encore quelques trucs au citron apres le saucisson, le maroilles, la tarte tatin, le baba au rhum, les moelleux au chocolat, les panacottas ! Enfin des mecs, des ventres quoi... (mais si Noëlle tu le fais le lien entre l'homme et l'appétit d'ogre hein? non? bon... qui m'aide à faire une transition là?)
Ersatz de tarte au citron
* sablé breton à la fleur de sel*
-20g de jaune d'oeuf (1 pièce)
-40g de sucre semoule
-100g de farine
-4g de levure chimique
-1 pincée de fleur de sel
Sabler la farine,la fleur de sel et a levure avec le beurre froid. Emulsionner le jaune et le sucre en poudre, ajouter ce mélanger au premier, amalgamer, bien homogénéiser, rouler en boudin dans un film alimentaire et réserver 10 minutes au congélateur. Trancher en disques épais, cuire 10 à 15 minutes à 170°.
*lemon curd*
-2 petits citrons non traités
-50 g de sucre
-1 oeuf
-1 pointe de couteau d'agar-agar
Zester un des 2 citrons, presser le jus des deux. Porter à ébullition
avec l'agar-agar et le sucre. Battre l'oeuf, le verser dans la
casserole et remuer au fouet incessemment, jusqu'à épaissisement.
Refroidir.
*Fondant blanc*
-fondant blanc patissier tout prêt pour la feignasse que je suis
-glaçage royal pour vous: blanc d'oeuf+ sucre glace à foison!
Sur chaque sablé refroidi, à la petite cuiller, étaler soigneusement le fondant/glaçage, puis une couche de lemon curd. Au moment de servir, saupoudrer de cassonnade et caraméliser au chalumeau.
Messieurs, attention aux tâches de rouge à lèvre disgracieuses sur vos sablés délicats.
19 janvier 2010
Retourner la situation à son avantage, ou pas. Faire une tarte tatin.
Je partais sûre de moi dans l'argumentation, j'avais choisi le registre de langue, les effets de style, tout, j'étais trop opé. Ca devait donner un truc comme ça.
La tarte aux pommes mec, c'est beaucoup trop 2009 tu vois. Complètement out en fait. Gravement désuet même. Tu te vois encore poser le petit pot de sauce caramel à part toi?
Non mais attends, déconne pas hein, le caramel, il est déjà fondu dans les pommes, il les transcende carrément tu vois??
Donc, tu prends ta plus belle pâte, tu prends tes pommes, t'oublies pas ton caramel évidemment, et tu retournes tout ça. Les soeurs Tatin ça te cause, ça fait écho quelque part dans ton inconscient de fada culino-fashionista? Voilàààà on y est!
La tarte Tatin, c'est pas une petite folie passagère, une mode éphémère non non, c'est même ultra old school en fait, mais je vais te dire la vérité, c'est The way to get the best apple pie!
Alors remercie moi de t'éviter une déconvenue, de te taper l'hachuma (l'ar-chouma pour les non-initiés) avec ta tarte grand-mère, parce que la sister, c'est LA classe j'te dis.
Et puis...
COmment ça non? hein? c'est dépassé aussi? c'est l'ère de la déstructuration? du siphon? Ah.
Mais bon...
J'avoue j'ai tort, je reconnais j'suis has been, je te le concède j'suis à la rue question gueuleton. Mais j'vais te dire, je m'en tamponne le coquillart, parce que ma tarte tu vois, elle envoie du lourd !
Tarte tatin classique ou néo-bistrot ou ultra-tendance on s'en tape tout ce qu'on veut c'est la gouter
(mais que tu peux servir avec une espuma au Speculoos ça le fait pas mal)
-une pâte à tarte de ton choix (brisée Herta, sablée maison, feuillettée magique)
-1,5 kg de pommes
-150 g de sucre en poudre
-70g de beurre demi-sel
-1 gousse de vanille
Si tu as une mère Noël formidable, tu as sans nul doute dans ton placard un moule merveilleux que tu passes directement de ta plaque électrique vers ton four. Et là pour toi c'est tout bénèf, tu gagnes une manip à la cuisson et une étape à la vaisselle!
Tu poses ce joli moule sur ta plaque, à fond les ballons. Pour les pas sages (id est, à qui le Père Fouettard a offert un pull en jacquart mauve et bleu ciel), vous prenez une sauteuse où toutes vos pommes coupées en gros quartiers entreront.
Etape 1: faire un caramel à sec, blond (plus foncé ça deviendra amer). Ajouter le beurre en dés hors du feu, bien remuer et homogénéiser. Ajouter la pulpe de la vanille ainsi que la gousse ouverte. Baisser à feu doux.
Etape 2: Peler les pommes et les couper en 2 ou 4 selon leur taille. Les disposer face bombées contre le fond du moule (ou de la sauteuse, évidemment).
Etape 3: Laisser compoter sans bouger les pommes pendant 20 minutes. Couvrir si besoin durant la cuisson (si le caramel fonce trop ou si l'ensemble semble se déssecher).
Etape 4: Préchauffer le four à 180°. Poser le disque de pâte étalée et piquée sur les pommes. Pour les adeptes de la poêle, il va falloir transvaser la garniture dans un moule à tarte, puis suivre la procédure sus-citée. Enfourner 20 minutes, jusqu'à ce que la pâte soit bien cuite et colorée.
Etape 5: démouler encore tiède. Oui je le mets dans les étapes car tu me crois si tu veux mais c'est pas le step le plus easy de la recette vois-tu. Enfin tu verras hein.
Pour les siphonné(e)s, la petite mousse qui va bien ("espuma" c'était pour la frime, parce qu'en vrai c'est pas techniquement ça. Mais ceci fera peut-être l'objet d'un autre article...si Dieu-ou mon patron- me donne du temps):
-20cl de crème liquide entière
-5cl de lait
-1 càc bombée de café soluble
-2 càs de pâte de Speculoos
Diluer le café et la pâte de speculoos dans le lait chauffé. Ajouter le crème liquide. Verser le tout dans le siphon (contenance 50CL). Ajouter 2 cartouches de gaz, secouer, garder au frais.
11 janvier 2010
Gelée d'orange, mousse chocolat au lait et zestes confits, langues de chat chocolat. Frapper fort.
"Ah si j'étais un hommmeuuuh".
J'aurais les yeux au beurre noir tous les jours s'il le faut, j'irai au baston garçon, un vrai caïd ouais. J'aurais des gros biscottos, un regard de tueur et jte porterai les minables à bout de bras ouais.
Sauf que, du haut de mon 1m65 et du lourd de mes presque50kilos, chevelure soyeuse et ongles soignés, bin mon vieux, c'est pas la même. Déjà j'suis pas crédible. Mes biscottos, jte jure que pour monter les blancs en neige à la main, ils sont au top. Et même le litre de chantilly je te le gère. Mais j'crois bien qu'à rencontrer une machoire de gros con, ils auraient pas tout bon. J'ai bien pensé apprendre quelque art martial fourbe, pour du bout de l'index mettre les méchants à genoux...puis j'ai pensé (eh oui) que passé ce petit moment de joie qu'engendredrait ma victoire (on n'en doute pas hein), ma vie deviendrait un calvaire.
T'as déjà essayé de taper le boss/chef/flicquit'arrête/banquier, toi?
Bah du coup j'ai pleuré. J'ai dit "oui,oui", serré les dents bien fort. Et jme suis quand même dit "ah si j'étais un hommmeuuuh".
Ensuite, j'ai beaucoup philosophé sur le monde professionnel de la cuisine. J'ai bien conscience de l'aspect oxymorique de cette phrase, mais l'espoir fait vivre. Alors, je philosophe autant que faire se peut, en espérant qu'un jour les mentalités changent, en espérant qu'un jour un aussi beau métier ne soit plus pourri par des méthodes de travail archaïques et des égos surdimensionnés.
Recette qui calme tes nerfs et nourrit ta reflexion
pour 4 petits pots (type la Laitière, du temps ou t'achetais encore des yaourts que c'est pas toi qui les fait dans ta Yaourtière de compèt)
Gelée d'orange (plus simple tu meurs)
-1 orange
-1/2 càc d'agar-agar
-1/2 càc de sucre en poudre (facultatif)
Prélever le zeste de l'orange, y découper quelques fines lanières (une "julienne" précisément) pour les zestes confits. Hacher menu le reste du zeste, puis presser l'orange. Faire bouillir le jus avec l'agar-agar, sucrer un peu si nécessaire. Verser au fond des pots/verres/verrines, faire prendre au froid.
Les zestes confits
Blanchir 3 fois la julienne de zeste: départ eau froid, porter à ébullition, changer l'eau, recommencer l'opération. Dans la même casserole, faire cuire les zestes dans 3 cs de sucre et 1 cs d'eau jusqu'à ce que la partie blanche devienne transparente et que le sirop ait bien épaissit. Etaler sur une assiette et laisser refroidir
La mousse
-120g de chocolat au lait pâtissier
-3 jaunes d'oeufs
-2 blancs d'oeufs
-10 g de beurre salé
-Le zeste d'orange hâché menu plus haut
Faire fondre le chocolat avec le beurre au bain-marie. Laisser tiédir. Battre les jaunes d'oeufs jusqu'à ce qu'ils triplent de volume. Monter les blancs en neige. Ajouter les zestes d'orange dans le chocolat fondu, verser celui-ci sur les jaunes, incorporer à la maryse. Ajouter enfin les blancs montés, incorporer toujours à la maryse. Verser sur la gelée d'orange prise.
Décorer au moment de servir avec les zestes confits.
Les langues de chat
-30 g de blanc d'oeuf (soit exactement le poids de celui non utilisé pour la mousse! fou non!)
-30 g de chocolat au lait pâtissier
-30 g de farine
-30 g de sucre glace
-30 g de beurre pommade
-grué de cacao
Fondre le chocolat, laissier tiédir, ajouter le beurre pommade puis la farine, le sucre et enfin le blanc d'oeuf. Bien homogénéiser. Préchauffer le four à 220° chaleur statique. Coucher l'appareil à la poche à douille plate sur une plaque couverte de papier sulfurisé ou siliconné, donner la forme souhaitée, parsemer de grué de cacao, enfourner 3 à 4 minutes selon la grosseur des tuiles. Bien surveiller la cuisson, sortir du four quand les bords brunissent. Attention, si vous utilisez du chocolat noir, vous ne verrez pas le changement de coloration.
24 novembre 2009
Miroir, Paris 18e...miroir aux alouettes?
Miroir, bon beau Miroir...C'est ainsi que je pensais, ô naïve utopiste, débuter le récit de mes épatantes aventures culinaires parisiennes de ce mardi midi.
Eh oui, à coups d'éloges par-ci, d'avis unanimes par-là, c'est l'esprit mais surtout l'estomac serein et déjà convaincu que je me rendais au 93 de la rue des Martyrs. On m'avait vendu du rêve, j'y avais cru, j'allais être déçue.
Rien de catastrophique du côté de l'assiette, soyons honnêtes. Le filet de canette demandé rosé est servi rosé. Oui bon en même temps, c'est le concept du restaurant, le rôle du chef cuisto, le b-a ba de la bonne bouffe non? Sauf qu'au Miroir, j'y allais pas comme au bistrot du coin, j'attendais plus. Là fut peut-être mon erreur.
Car point de surprise, point d'étonnement gustatif ni guère d'émerveillement papillaire. Les cuissons? bien, mais pas non plus parfaites. Un filet de canette peut aisément être servi rosé, mais rosé, tendre et fondant, c'est plus rare, et là, on n'y était pas. Les goûts? Rien que du très classique, que ce soit pour le paleron de boeuf braisé au vin rouge (autrement dit, boeuf bourguignon. Argh cette foutue manie de tourne-bouler les appellations pour faire mieux alors qu'on fait, point barre), ou la sus-cité canette. J'ai envie de dire " et la sauce bordel?" Ma gentille volaille manquait terriblement d'une lampée de sauce relevée, ou sirupeuse, ou épicée, peu importe à vrai dire tant les variations possibles fourmillent! Mais ce petit jus acqueux là, non, vraiment, non...
Les accompagnements? aie aie aie...quelques carottes et oignons bottes dans la sauce du boeuf. Mais quelques, c'est vraiment peu. D'autant qu'après 20 minutes d'attente, mon co-équipier et moi, on avait plutôt la dalle. Il n'aurait pas été contre trois simplettes pommes de terre à l'eau pour tenir compagnie à son bout de viande. De mon côté, guère mieux. "Légumes de saison" m'annonce la souriante serveuse. Un oeil chez ma voisine de gauche "oh pétard, des girolles, trop cool". J'y vais, encore, les yeux fermés (il va définitivement falloir renoncer à cette facheuse naïveté). Et quelle déception dans l'assiette: va pour les artichauds bien tournés et bien cuits, mais quid de ces poivrons tricolores??? Et où diable sont passés mes champis chéris? Les produits sont frais, certes, mais côté arômes, assaisonnement, harmonie des goûts...niet. En fait, tout cela manque cruellement de ce "petit plus" qui laisse le goût de "reviens-y" nécessaire! Côté quantité, on est toujours juste d'ailleurs. On a torché la corbeille de pain, c'est pour dire.
Résumons jusque là pour voir si, personne n'est parfait, nous n'aurions pas omis quelque information capitale. Arrivée, réception, commande. Good job. Trois personnes en salle, pour une quarataine de places assises. Malgré cela, l'attente se fait sentir. Donc le problème est peut-être ailleurs... Dans l'assiette, c'est bon mais ça ne casse pas trois pattes à un canard (ou une canette, bien sûr). Côté déco, ça le fait, j'aime beaucoup. Des tons chauds, du miroir, du zinc, du bois, une baie vitrée, on s'y sent bien. On sent aussi pas mal de bonne volonté, à la lecture de l'ardoise. Enfin, ça parle,ça parle, mais côté actes, on reste sur sa faim.
Le dessert va néanmoins sauver mon dèj, et, peut-être, me convaincre de leur laisser une seconde chance (on connait l'adage sur ceux qui ne changent pas d'avis, hein). Figues rôties au porto (on ne sent pas le porto, mais les figues sont tendres et juteuses, malgré la fin de la saison), crème au citron. Enoncé énigmatique qui, autant le dire, me laisse plutôt sceptique au vu de ses prédécesseurs. La claque! Enfin, mes papilles s'affolent, mon ventre se remplit, tout en savourant l'extrême légereté de cette "crème". Je dirais un lemon-curd échappé d'une tarte auquel on aurait intégré sa meringue! Point de crème fouettée plombante ou de trop sucrée crème aux oeufs. Finalement, peu importe le procédé, le résultat est là: l'équilibre et la saveur.
Sous ce nuage se dissimule un petit sablé discret mais croquant, qui trouve sa place aisément entre la figue et le citron. Ouf, cher Miroir, c'était moins une!
J. avait opté pour la formule du midi "Plat+ verre de vin + café gourmand" à 18euros. Le café gourmand reste, comme bien souvent, assez décevant: un verre de mousse au chocolat au siphon (qui devient légèrement trop omniprésent à mon goût...) donc "trop légère" selon l'intéressé, je goûte,j 'acquiesce, on préfère celle de Maman quoi. + un financier + un autre ptit gateau du même genre, sans grand intérêt gustatif (ça nous rappelle les mignardises laissées un peu partout avec le café).
Ma formule, plat + dessert à 25 euros, n'est pas un très bon exemple de rapport qualité/prix. Dans le même genre de plats (qui sont finalement de grands classiques !), on peut trouver beaucoup mieux dans le coin (Le Bastringue dans le 19e métro Riquet, Lui L'insolent dans le 18e métro Caulaincourt...autour de 15/20euros).
Après tout ça, je me dois malgré tout de revenir sur un point non négligeable: ces critiques découlent de CHOIX, de GOUTS et d'ATTENTES personnels. Rien ne me dit que j'aurais pas été conquise par un autre plat, un autre jour... Mais là est l'une des difficulté du métier de restaurateur: la constance. Et là en est une autre: répondre aux exigences d'un public parfois pointilleux, intraitable, en vérité tout simplement passionné!
Alors, Miroir, mon beau Miroir, dans cette jungle des néo-bistrots parisiens, sauras-tu être le plus beau? Pour l'instant, poudre toi encore le nez, retouche ton rouge à lèvres, car la concurrence est rude...
Miroir
94 rue des Martyr
Paris 18
0146065073
menu déjeuner 18 et 25 euros, diner autour de 30/35 euros
12 novembre 2009
association d'idées. Avoir faim+avoir froid+passer à la télé= tarte courgette, raclette et cumin
Dimanche 25 octobre, 21h25, 5°C, raclette entre amis
"Elsa tu peux passer le fromage fumé steup?"
"Eeh qui c'est qu'a fini le Gewurtz?!"
"des patates! des patates !!"
Lundi 26 octobre, 9h32, 4°C, matinée tv
"ding dong, on vient pour le reportage sur les tartes!"" groumf...où sont mes yeux...dodo..."
"Mais oui bien sûr, j'vous attendais! je suis en pleine forme on s'y met?"
Pour une grosse tarte énorme qui réchauffe-sa-mère et fait le ménage dans votre frigo
Pâte brisée que tu peux pas la rater (n'est-ce pas Laurence)
-250g de farine
-125g de beurre
-1 oeuf
- sel
Sabler la farine et le beurre, loooonguement jusqu'à ce que l'on obtienne...du sable. Dingue hein?
Faire un puit, ajouter l'oeuf battu avec le sel, amalgamer, ne pas trop travailler, fraiser 2 fois (NDLR: appuyer avec la paume de la main, ou Googler le terme), mettre en boule puis en galette. Etaler, piquer, foncer le moule, réserver au frais.
Appareil à quiche universel:
-20 cl de crème liquide légère
-5 cl de lait
-2 oeufs battus
-sel,poivre
Garniture du jour:
-fromage à raclette classique
-fromage à raclette fumé
-courgettes poêlées oubliées
-pommes de terre cuites épluchées
-cumin en grain
Préchauffer le four à 180°.
Précuire la pâte à blanc 5 minutes avec un poids (légumes secs sur papier cuisson), puis 5 minutes sans rien.
Disposer les éléments de la garniture, sauf le cumin, sur le fond de tarte. Mélanger le lait la crème les oeuf, ajouter le cumin en grain, assaisonner, verser sur le tout.
Enfourner pour 20 à 30 minutes.
Déguster bien chaud, accompagner de la sacro sainte salade verte, parsemée pourquoi pas de noix et noisettes concassées, humm, le tout arrosé d'une vinaigrette bien moutardée. Et là on se glisse sous la couette tirée jusqu'au canap, le gros roux sur les genoux (ps: ceci est mon chat), on finit son verre de Gewurtz ("merde mais il en restait alors?") tisane et on digère. L'hiver est là.
05 novembre 2009
Missbonbon met la main à la pâte pour 100% Mag: utiliser les restes, maîtriser la cuisson, parfumer la pâte. On va s'marrer.
Chers vous,
en ces temps de crise ultramoderne, vous êtes en mesure de savoir que, pour ne pas crever sur le carreau, tout jeune qui se respecte se doit d'envisager toutes les reconversions professionnelles possibles. Ainsi, la capacité intrinsèque qu'on ces êtres fabuleux nommées communément "femmes" de pouvoir manier à la fois la spatule et le clavier est un atout majeur dans ce monde cruel et impitoyable.
Etre multitâches (amateur de jeux de mots vaseux, absenez-vous) donne alors à la femme un avantage sur son concitoyen, le jeune toujours, du sexe opposé, qui lui, a déjà du mal à répondre "merci" s'il est affairé à une autre tâche (par exemple: déployer toutes ces facultés motrices afin de changer de chaîne).
Cas pratique:
Alors qu'elle avait établi son plan de carrière sur 10 ans dans le domaine des lettres modernes, avec professorat à la clefs ou bien poste au CNRS (on a bien le droit de rêver), la jeune n'a pas pour autant cesser de s'activer aux fourneaux, de chercher encore et toujours à améliorer ce savoir-faire.
Alors, le jour où la vérité lui sauta sauvagement à la figure (les lettres, c'est chiant, en plus, ça donne la chômage), elle n'eut pas trop de mal à changer son fusil d'épaule (et Dieu sait si elle a des lacunes en port d'armes, défavorisée par des années de militantisme anti-chasseetpêche) et se retrouver commis de cuisine.
Par tant de sagesse acquise, la jeune aujourd'hui encore tient à multiplier les expériences et les savoirs, afin de, en temps voulu (mais Dieu-ou quiconque-m'en préserve), être apte à tous les niquer. Non mais.
Ainsi, on a pu la voir s'essayer à l'enseignement culinaire. De même, on la verra demain s'essayer au reportage télévisé. Eh oui, la jeune est pleine de ressources !!
Si vous êtes un looser de la pâte à tarte, que vous ne comprenez pas pourquoi la quiche fuit, que vous avez 3 croutes de fromage à raclette qui traînent au frigo, que vous voulez mettre du piment dans votre vie (ou juste du cacao dans la pâte sablée), ou si vous voulez tout simplement vous poilez un bon coup en me voyant gesticuler en live, ceci est pour vous :
Emission 100% Mag, Vendredi 6 Novembre 2009, 18H50 sur M6
thèmes:
-utiliser les restes dans une tarte salée
-customiser sa pâte à tarte
plus:
-plein de ptits trucs sur les tartes qui peuvent servir
guest star:
-votre dévouée MB







































